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Hier
soir, je décide de baguer l'unique oisillon
rescapé d'une couvée de 3 ufs
de Serinus à croupion jaune.
C'est
la troisième couvée réussie par
ce couple, qui avait commencé par abandonner
les 2 premières en n'élevant pas les
oisillons nés. La femelle jetait hors du nid
tous les oisillons dès le premier ou second
jour: j'en ai même retrouvé un noyé
dans l'eau de la baignoire, à l'opposé
de l'emplacement du nid dans la cage.
Pour
ne pas déranger la femelle, je n'ai bagué
aucun des oisillons des précédentes
couvées de peur qu'elle éjecte du nid
les petits, comme elle l'avait fait précédemment.
Comme
les parents ont consciencieusement élevés
les oisillons des deux couvées précédentes,
je me décide à baguer l'unique petit.
Il
est dodu à souhait, le jabot bien plein, et
je dois mettre une bague d'un diamètre supérieur
à celui préconisé.
Je
repose le petit dans le nid, et comme c'est le soir,
j'éteins les lumières.
Ce
matin, je vais pour apporter de la nourriture fraîche
dans la cage, et je sais que les parents raffolent
de la pâtée d'ufs avec des graines
germées. J'ajoute une branche de millet mi-mûr
et un peu de mouron blanc fraîchement cueilli
dans mon jardin.
Par
curiosité, je regarde dans le nid : plus de
petit !
Je
cherche au fond de la cage, et je vois mon pauvre
oisillon au sol, vivant.
Je
le ramasse, il est froid, son jabot est totalement
vide, mais il a suffisamment d'énergie pour
tendre le cou et ouvrir grand son petit bec : l'oisillon
a faim !
Je
le prends dans le creux de ma main et pour le réchauffer
je souffle dessus avec mon haleine tiède.
Puis,
je dépose de minuscules miettes de pâtée
d'élevage dans le bec du petit qui avale goulûment.
Je
déduis que la femelle a abandonné le
petit à cause de la bague: cela arrive parfois.
J'aurais
du penser à masquer un peu la bague en la dissimulant
sous un petit morceau de sparadrap !
Je
décide d'enlever la bague et de remettre le
petit dans le nid.
Aussitôt
la mère entre dans le nid, et n'en ressort
qu'après quelques minutes, que je suppose être
des minutes d'inspection générale.
Quand
elle ressort du nid, je la vois se diriger vers la
mangeoire de pâtée d'élevage...
Pour
ne pas importuner cette femmelle capricieuse, je décide
de quitter la pièce .
Quelques
heures plus tard, je reviens : l'oisillon a le jabot
plein, et il est tout chaud.
Ce
soir, je regarde une nouvelle fois : le petit est
gavé au maximum, et il a de sérieuses
réserves pour passer la nuit.
Maintenant,
je me demande si je dois tenter une nouvelle expérience
de baguage dans les prochains jours ?
le
18 septembre 2003
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