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Tout
à commencé un lundi matin de novembre :
ma maîtresse m'a mis dans une boîte, une sorte
de boîte à chaussure, en plus grand.
Puis,
la boîte fut mise dans un grand sac de voyage, noir,
et me voilà parti...
D'abord
le métro : quel bruit, et puis cela vibrait de
partout : je n'étais pas vraiment rassuré,
surtout que je ne voyais rien du tout.
Remarquez,
dans certain cas, surtout pour un peureux, il vaut mieux
ne rien voir.
Tout
à coup, le métro s'arrête : plus de
bruit.
Je
respire enfin un air plus frais et moins nauséabond
: je me dis que je suis arrivé.
Non,
maintenant c'est un train : le TGV. Moins pénible
que le métro : moins de bruit, moins de secousses.
Je
suis toujours dans ma boite, la boite dans le sac, mais
le sac est posé sur ses genoux, la fermeture éclair
est ouverte, et, de temps en temps, j'entends ma maîtresse
qui me parle.
Je
crois bien qu'elle aurait bien voulu me garder, elle.
Je crois que ce n'est pas sa décision de se séparer
de moi: il y a des personnes dans la famille qui ne me
supportaient plus, enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre.
Je
sens bien qu'elle a un peu de peine, elle aussi, comme
moi : mais moi, j'ai appris à ne rien dire, ne
rien montrer - je suis comme cela.
Une
heure de train, puis de nouveau l'air frais, et...
Une
voiture maintenant : je commence à avoir assez.

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