Un
nouveau pensionnaire !
Par
une belle après-midi de mai, avec deux amies, nous
sommes allées faire la tournée des oiseleurs
de la région.
Je
n'avais rien à acheter : je n'en veux pour preuve
le fait que je n'avais emporté que très
peu d'Euros !
Comme
Pépita, ma petite diamant de Heck était
morte, et que son mâle pleurait de tristesse, j'avais
réservé par téléphone une
femelle chez un marchand que je connaissais, à
quelques dizaines de kilomètres de chez moi.
Nous
voilà donc parties à trois pour acheter
un oiseau à 12 euros.
Arrivées
chez le marchand, nous regardons évidemment tous
les oiseaux...
Pas terrible... Nous sommes un peu déçues.
Je
cherchais aussi un astrild à queue noire, mais
le marchand m'a dit ne pas en avoir !
Pourtant,
Alice, et oui elle faisait partie du trio, Alice qui a
il, et le bon, croyez moi, remarque un pauvre petit
oiseau, gris noir, blotti entre deux autres, tout ébouriffé...
Une bien triste mine !
"C'est
un astrild à queue noire, mais pas du tout en forme
!"
Nous
examinons l'oiseau.
Verdict
: elle est tellement maigre, elle n'en a plus pour longtemps
!
Mes
deux amies me conseillent de laisser cet oiseau voué
à une mort certaine, à plus ou moins brève
échéance.
Je
n'arrive pas à quitter du regard cette minuscule
boule de plumes: l'oiseau est triste, malade et cela me
fait vraiment pitié.
Je
veux discuter le prix avec le marchand.
Mon
idée : si cet oiseau a une chance de s'en sortir,
une toute petite chance, autant lui donner cette chance
à la maison !
Le
marchand insiste pour me vendre " le même oiseau"
dans la cage d'à côté
Mais à
côté ce sont des astrilds queue de vinaigre,
et je cherche un "queue noire".
Je
finis par le négocier à 5 euros.. Les marchandages
de boutiquiers existent aussi chez marchands d'oiseaux
Nous
allions repartir
Quand
Dans
une cage, sur une table, un pauvre perroquet du Gabon
se morfond, épris d'une grande tristesse.
Agrippé
à son perchoir, tout seul , il a le regard triste.
Son
ventre et son poitrail sont déplumés, mais
quand je dis "déplumé", c'est
sans une plume : tout nu !
Je
dis au marchand : "C'est tout de même triste
que vous ayez des oiseaux dans cet état !"
Alors
il se défend :
"Mais
ce n'est pas un oiseau à moi : hier des gens me
l'ont apporté, et ils me l'ont laissé, pour
rien, avec la cage pour s'en débarrasser"
!
Pendant
que je parlais avec le marchand, Fran, une passionnée
d'oiseaux, elle aussi, était près du perroquet,
lui parlait doucement et très gentiment, et le
perroquet était très attentif.
Voyant
la scène, le marchand continuait : " C'est
une femelle, et elle est bien apprivoisée, et elle
parle bien".
Là
encore la tristesse de cet oiseau me fendait le cur
!
Je
ne sais pas comment j'en suis arrivée à
dire :
"
Bon, vu le mauvais état de cet oiseau, si je le
prends, là, maintenant, tel qu'il est, vous me
le faites à combien ? "
Un
marchand ne perd jamais le Nord, et commence à
me dire le prix "normal" d'un perroquet comme
celui là en bonne santé.
-
Certes, dis-je, je sais, mais lui, là, dans cet
état ?
Je
crois que ce marchand, assez content de s'en débarrasser,
a annoncé un prix ridicule : une petite poignée
d'euros, cage comprise !
L'affaire
faîte, nous partons à la caisse...
Et
je remarque alors que le perroquet, se sentant de nouveau
abandonné, pousse un grand cri aigu, en contorsionnant
sa tête pour nous voir une minute encore.
Il
croyait avoir trouvé de nouveau amis, et voilà
qu'eux aussi l'abandonnent !
Je
paye vite, très vite et Hop
La
suite ..
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