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Voilà
la cage et le perroquet dans la voiture, direction la
maison !
Le
voyage se passe bien : le perroquet n'est pas effrayé.
Mon
amie Fran lui parle toujours doucement, il écoute,
elle passe son doigt à travers les barreaux de
la cage : il n'a pas peur, il ne mort pas, il ne crie
pas.
En
fait il a l'air paisible et même assez content.
Presque rassuré, semble-t-il.
Et
maitenant, me dites pas que les animaux, et les oiseaux
particulièrement, ne ressentent pas les ondes positives
ou négatives !
Arrivés
à la maison, il faut d'abord trouver l'emplacement
de la cage.
Comme
c'est un oiseau qui a été abandonné,
et puisque les perroquets sont des êtres sensibles
et intelligents, il n'est pas question de le reléguer
tout seul dans une pièce .
Pas
question, non plus, qu'il se sente abandonné une
nouvelle fois.
Donc nous lui faisons une place au bout de la table, près
de nous pour le repas du soir.
La
demoiselle, puisqu'il paraît que c'est une femelle,
a donc passé le repas avec nous.
Elle
est adorable, elle aime se faire caresser ; a un don d'imitation
extra ; siffle, danse quand on lui siffle un air, aime
la musique mexicaine, appelle quand on s'en va : "
Alllooooo".
Elle
imite le bruit de l'eau dès qu'on rempli un verre,
ce qui nous a fait éclater de rire la première
fois : alors elle a aussi éclaté de rire
et ricané.. Comme les rires des fantômes
dans les attractions d'Euro Dysney.
Elle
aime le pain, les pommes, les carottes, mais ce qu'elle
aime plus que tout : les spaghetti !
Comme
j'ai trois chiens, pour ne pas faire de jaloux, j'ai aussi
donné des spaghetti aux chiens : vous auriez vu
la tête de Craquotte (puisque depuis hier elle s'appelle
Craquotte") Et moi alors ?? j'en veux encore.
Pendant
le repas, la demoiselle qui croquait de croûtes
de pain m'a soufflé son nouveau non : Craquotte.
A
la fin du repas, Dame Craquotte tombait de sommeil, ses
paupières se fermaient...
J'ai
couvert la cage d'un grand drap de bain pour que Craquotte
n'ait pas froid : elle n'a presque plus de plumes !
Nous sommes donc allés nous coucher.
Ce
matin, j'ai réveillé Craquotte qui a pris
son temps pour tendre ses ailes, étirer ses pattes,
boire longuement avant de me dire " Alloooo".
"Bonjour
Craquotte, et bienvenue dans ta nouvelle maison.
Ne
t'inquiète pas, nous allons t'offrir une nouvelle
vie !
Tu
sais, pour les humains comme pour les animaux, il y a
des périodes difficiles. mais il ne faut jamais
désespérer.
Nous
aimons, nous sommes aimés, nous aimerions que cela
dure toujours, et puis
La
vie a ses aléas...
Je
ne connais pas ton histoire Craquotte, je ne sais même
pas ton vrai nom.
Je
suis désolée. Mais si tu es d'accord, nous
allons reconstruire ensemble.
Cela
ne sera pas toujours facile : tu auras tes secrets, tes
souvenirs pour toi, tes anciennes peines et tes joies
passées.
Nous
allons prendre notre temps, apprendre à nous connaître,
nous respecter et nous aimer.
Tu
auras à manger, à boire, des caresses, des
paroles tendres.
Nous
allons recréer des complicités, des jeux,
et partager de nouvelles joies.
Et
puis, tout doucement, tu reprendras confiance en la vie.
T
u laisseras alors repousser tes plumes, pour redevenir
belle, heureuse et équilbrée.
Un
jour tu repenseras à ton passé comme une
étape incontournable, tu oublieras un peu tes peines,
ton chagin et et ton désarroi, tu vivras tranquille,
heureuse et aimée.
Tu
nous aimeras aussi : la vie est un perpetuel échange
: on donne et on reçoit, chaque jour."
Voilà,
ce que j'ai dit à Craquotte en ce premier matin,
en lui parlant doucement.
Elle
m'a écoutée, a posé doucement sa
patte sur le doigt que j'entrais doucement dans la cage
à travers les barreaux.
Je
l'ai caressée, et elle s'est laissé faire.
Mieux : elle s'est frottée doucement contre mon
doigt, la tête penchée, en toute confiance.
Puis
je lui ai renouvelé ses graines, son eau de boisson
; lui ai donné de la pomme fraîche et un
morceau de carotte.
Ensuite,
j'ai quitté la salle à manger pour aller
à la cuisine préparer le café.
Alors
j'ai entendu "ma"Craquotte dire à haute
voix :
" Allooooo ".
Je
suis revenue, je lui ai dit " Alloooo Craquotte !
".
Elle
m'a regardée longuement, et même si les perroquets
ne sourient pas, je l'ai " entendu " sourire
d'aise.
Et
elle s'est mise à manger la carotte en la prenant
dans sa patte droite.
Je
n'ai pu m'empêcher de penser : "Tiens, elle
est droitière ".
Une
nouvelle aventure commençait pour nous deux, et
j'étais responsable d'une nouvelle vie, du nouveau
bonheur d'un être vivant.
Mon
mari a l'habitude de dire, en parlant de moi : "
Tous les fous ne sont pas enfermés" ..
Je
crois qu'il a raison
Dans
la journée, j'ai parlé souvent à,
et avec Craquotte.
Cependant,
comme j'ai du m'absenter deux heures pour aller faire
des courses, Craquotte en a profité pour s'arracher
une dizaine de plumes..
Quand
je suis avec elle, ou pas loin d'elle, elle ne s'arrache
aucune plume !
Il
va en falloir de la patience, de la tendresse et de l'amour
pour que Craquotte comprenne qu'elle n'est plus seule
ni abandonnée !
Mais
je ne désespère pas d'arriver à lui
faire oublier un mauvais moment de son histoire.
Nous
avons la vie devant nous !
J'ai
la certitude que Craquotte a été heureuse
: elle n'est pas sauvage, elle a appris beaucoup de choses,
et elle aime la tendresse.
Je
suis certaine que Craquotte porte en elle la capacité
du Bonheur !
Donc
tout n'est pas perdu : nous avons la vie devant nous.
PS : si vous avez des renseignements, des conseils sur
les Perroquets gris du Gabon, merci de me les communiquer

Suzy
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