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Un jour de décembre
2002, quelque part en Belgique.
Ce
matin, comme il a gelé cette nuit, je suis allée
voir de bonne heure mes oiseaux installés en volières
extérieures.
J'ai
un superbe couple de Bouvreuils Pivoine : la femelle est
grise, une vraie boule de plumes, et le mâle d'un
très beau rose soutenu, lui aussi une grosse boule
de plumes.
Mais
ce matin Monsieur Pivoine est plus ébouriffé
que d'habitude, et cela ne me semble pas normal.
Je
m'arme d'une épuisette pour attraper cet oiseau,
ouvre la porte de la volière, et bien entendu la
femelle s'envole !
N'oublions
pas je j'habite en plein bois.
Je
jure : "Mer.............."
Il
faut dire que j'ai déjà perdu pas mal d'oiseaux
et que cette belle femelle est baguée, née
en captivité donc, et pas sauvage du tout.
Sur
la terrasse devant les volières, il y a quelques
arbustes en pot, et Miss Pivoine est là par terre
.
Comme
j'ai en main Monsieur Pivoine malade, je cours le porter
dans une cage à l'intérieur, et reviens avec
une épuisette à long manche.
Mais
Miss Pivoine n'est plus là, évidemment.
Je
râle contre moi, et je m'en veux.
Sans
trop d'espoir, j'ouvre la grande porte latérale de
la volière à Bouvreuils, celle qui me sert
pour faire les grands nettoyages.
Je
guette, je scrute, je gèle dehors : point de Miss
Pivoine
J'en
profite pour observer un rouge-gorge affamé qui se
gave de la pâtée et des insectes posés
sur le muret ; je me régale du manège de trois
petites mésanges ; j'observe un oiseau inconnu de
moi ; je prends aussi en photo une belle merlette qui, elle
aussi, à faim.
Il
fait froid ce matin, mais le soleil brille et le ciel est
bleu.
Toujours
pas de Miss Pivoine.
Glacée,
je décide de rentrer à la maison pour m'occuper
des oiseaux qui sont dans les cages à l'intérieur.
Deux
heures après, je vais dans la chambre, car de là
je peux mieux voir ce qui se passe sur la terrasse.
Miss
Pivoine est là !
Miss
Pivoine essaie d'entrer dans la grande volière :
elle se cogne aux vitres de la chambre, se promène
de long en large sur la terrasse, et regarde sa cage.
Tout
à coup, elle voit la grande porte ouverte : Hop,
d'un bon la voici sur le bord de la porte.
Il
me faut encore ouvrir la porte fenêtre de la chambre,
sortir sur la terrasse et fermer la porte de la volière...
Tout
ce qu'il faut pour que Miss Pivoine ressorte... et s'envole
de nouveau !
J'ouvre
donc sans bruit la porte de la chambre :
La Miss ne bouge pas, toujours à la limite de sortir
de nouveau ou .......d'entrer !
Je
suis comme un chat à l'affût de sa proie :
le regard vrillé sur l'oiseau, les gestes lents mais
précis, je retiens mon souffle et je prie qu'un de
mes chiens n'arrive pas..
Je
me glisse sur la terrasse ...
Miss
Pivoine a peur, elle s'envole....... tout au fond de sa
cage !
"GAGNÉ
!"
Miss
Pivoine est rentrée chez elle après presque
deux heures de liberté non autorisées.
Mais
la liberté n'est-ce pas aussi celle de pouvoir manger
à sa faim, avoir de la bonne pâtée,
des insectes, du nectar, de la pomme et cela tous les jours
et en toute saison ?
Miss
Pivoine a refusé la liberté de mourir de faim,
de froid ou de celle d'être dévorée,
la nuit, par le grand vilain Hibou.
Miss
Pivoine a choisi "SA" liberté à
elle.
Une
belle histoire, non ? ....... qui finit bien !!!
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