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J'ai
un couple de diamant de Heck dont la femelle qui avait
une blessure à l'il.
Elle
vivait en volière extérieure en parfait
amour avec son mâle : ces deux oiseaux n'étaient
jamais bien loin de l'autre.
La
femelle, que nous appellerons " Pepita
" avait été blessée à
l'il il y a quelques mois, mais vit très
bien avec son handicap : elle est borgne.
Cependant,
quelques mois après la blessure initiale, et surtout
après trois semaines d'absence de chez moi, en
rentrant j'ai tout de suite remarqué qu'elle avait
un abcès sur l'il malade.
Après
bien des péripéties, épuisette dans
la main, j'ai fini par pouvoir attraper Pepita (la volière
est grande, surtout très hautes, et il y a une
cinquantaine d'oiseaux qui y vivent, en harmonie).
Pour
un abcès, c'était un abcès ! A peu
près le volume de deux petits pois l'un sur l'autre.
Je
vous passe les détails des soins de première
urgence. Ce qu'il faut savoir, c'est que sa blessure demandait
des soins réguliers, trois à quatre fois
par jour.
Comme
je devais encore m'absenter pour une semaine, j'ai décidé
d'emmener Pepita avec moi.
Je
suis donc restée une semaine partie, et j'ai soigné
Pepita avec succès puisque son abcès est
presque résorbé, et la tête de ce
petit oiseau n'est plus gonflée.
Ce
qui m'a laissé pensé que l'oiseau allait
mieux, c'est que, au bout du sixième jour, le matin
elle a commencé à piailler, et surtout elle
appelait son mâle d'un long cri aigu et langoureux
: signe évident d'une guérison annoncée.
Je
suis rentrée chez moi le soir même, avec
Pepita dans sa cage.
Le
lendemain matin, j'ai profité d'une éclaircie
du temps pour aller voir un peu ce qu'il se passait dans
la volière extérieure, et bien entendu je
cherchais le compagnon solitaire de ma belle.
J'ai
fini par le trouver, seul sur un perchoir, en boule, immobile
Mauvais signe.
Mais
comme je savais que depuis un an mes deux amoureux ne
se quittaient pas,, qu'ils avaient même à
deux reprises, malgré la blessure de Madame essayé
de faire un nid
J'ai tenté une expérience
J'ai
sorti la cage avec Pepita sur la terrasse, devant la grande
volière.
Dès
qu'elle a entendu et vu les oiseaux de la volière,
elle a poussé de petits cris plaintifs... A la
seconde même, mais vraiment presque au tout premier
cri, le mâle s'est retourné pour chercher
d'où venait l'appel de sa belle.
Il
était fou, voletant partout, ayant tout de suite
repéré la cage de sa belle, et elle, la
Madame, repéré son compagnon.
Il
n'était plus en boule.
J'ai
alors mis la cage de Madame dans la volière, et
aménagé un perchoir devant la cage pour
qu'ils puissent se voir et se parler.
Tout
d'abord, ce furent mes zosterops, ces adorables petits
oiseaux, curieux et malins, qui sont venus aux nouvelles,
allant jusqu'à s'agripper aux barreaux de la cage.
Puis
ce fut la visite amicale du couple de grenadin pourpre.
Et
enfin, notre mâle, nerveux mais heureux.
La
belle était elle aussi nerveuse et bruyante.
Ils
se sont fait des bisous à travers les barreaux,
puis le mâle a commencé une parade amoureuse
sur le perchoir installé pour lui, devant la cage
de sa Belle.
J'étais
émue, et triste de les voir ainsi séparés.
Je
vous ferai grâce de l'heure entière pendant
laquelle mon mari et moi, épuisettes dans toutes
les mains, avons passée dans la grande volière
pour attraper le mâle solitaire et amoureux.
Mais
nous y sommes arrivés !
Donc
les deux amoureux sont maintenant ensemble. Par respect
pour leur vie privée, je ne vous raconterai tout
ce qu'ils se sont dits, chuchoté à l'oreille.
Maintenant,
ils sont côte à côte, serrés
l'un contre l'autre : lui n'est plus en boule, elle au
contraire à gonflé ses plumes et parait
plus grosse, plus jolie.
Je
crois qu'ils sont heureux, qu'elle va avoir encore plus
de raison de guérir vite.
Tant
qu'à faire je leur ai mis un nid et de la charpie..
Des fois qu'ils auraient envie de faire des gros câlins
après une aussi longue et douloureuse séparation.
Suite
Le
lendemain matin, je rentre sur la pointe des pieds dans
la pièces où se trouve leur cage, et d'autres
cages aussi.
Tous
les oiseaux étaient éveillés, en
train de manger ou de voleter.
Mes
deux amoureux, eux, se faisaient une grasse matinée,
tendrement blottis l'un contre l'autre, la tête
du mâle sur le cou de la femelle qui dormait tranquillement.
Voilà,
les oiseaux aussi peuvent s'aimer et souffrir de l'absence
de l'Autre.
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